Ce que l’IA ne remplacera jamais

L’IA peut répondre à nos questions, mais elle ne peut pas cheminer à notre place.

J’utilise moi-même l’intelligence artificielle. Ce serait un beau mensonge que d’affirmer que l’on puisse faire sans aujourd’hui !

Elle m’aide à chercher, à structurer une idée, à reformuler, à synthétiser. Elle peut nous faire gagner un temps considérable.

Et je dois bien reconnaître que c’est parfois assez bluffant.

Alors forcément, une question se pose : si l’IA peut déjà nous aider à réfléchir, à chercher, à trouver des réponses… pourquoi aurions-nous encore besoin d’un accompagnement en coaching ?

La question mérite d’être posée… voire d’être décortiquée.

Parce qu’avoir une réponse ne signifie pas nécessairement avoir LA réponse.

Et surtout, cela ne signifie pas toujours savoir quoi en faire.

Nous pouvons demander à une IA comment changer de métier, comment préparer un entretien, comment prendre une décision, comment mieux gérer un conflit ou comment retrouver de la motivation.

Elle nous donnera des idées, parfois même de très bonnes idées.

Mais entre comprendre ce que nous pourrions faire et savoir ce que nous voulons réellement faire, il y a un pas de géant à franchir.

Et ce passage ne relève pas uniquement de la rationalité.

Le fameux 1 + 1 = 3 prend alors tout son sens. Parce que lorsque deux regards se rencontrent autour d’une même situation, quelque chose de nouveau peut émerger.

Parce que nous ne sommes pas seulement constitués de questions et de réponses.

Nous avons nos habitudes, nos peurs, nos contradictions, nos expériences, nos envies parfois difficiles à formuler.

Nous pouvons savoir exactement ce qu’il faudrait faire… et continuer à ne pas le faire.

Nous pouvons avoir dix options devant nous… et ne pas parvenir à choisir laquelle nous convient.

Nous pouvons même avoir pris une décision qui semble parfaitement logique sur le papier et sentir, quelque part, qu’elle ne nous satisfait pas.

C’est souvent là que les choses deviennent intéressantes.
 

Et si la vraie question n’était pas celle que nous pensions ?

Dans un accompagnement, je suis parfois frappée par ce qui se joue derrière la demande de départ.

À titre d’exemple, le professionnel qui exprime un besoin concret, direct : « Je veux changer de poste. »

Ou encore une personne qui exprime simplement sa fragilité : « Je manque de confiance. »

Ce sont des demandes conscientisées.

Mais en avançant dans l’échange, par le biais du questionnement, le sujet de fond peut se déplacer.

Est-ce vraiment l’envie de changer de poste ? Ou le besoin de retrouver du sens ?

Est-ce vraiment un problème de confiance ? Ou la peur de décevoir ?

Ce déplacement est précieux.

Parce qu’il permet parfois de regarder autrement une situation que nous pensions déjà connaître.

Et pour cela, nous avons besoin de pouvoir penser à voix haute.
 

Parfois, nous avons besoin d’un autre regard

Et c’est à ce moment-là que le coaching prend tout son sens.

Car il n’est pas une consultation où quelqu’un nous donne la bonne réponse.

(Je ne sais d’ailleurs pas quelle serait cette « bonne réponse ».)

Mon rôle de coach est de créer un espace dans lequel nous pouvons regarder la situation autrement.

Je questionne. Je reformule. Je mets en évidence une contradiction lorsque j’en perçois une. Je peux aussi confronter, avec bienveillance, ce que la personne m’explique avec ce qu’elle fait.

Et surtout, j’écoute.

Pas seulement les mots.

Les hésitations. Les changements de rythme. Les « oui, mais… ». Les choses qui reviennent plusieurs fois dans la conversation.

J’écoute ce qui est dit. Et ce qui ne l’est pas encore.

Cette qualité de présence ne consiste pas à savoir mieux que l’autre.

Elle consiste à être suffisamment présente pour permettre à la personne accompagnée de mieux voir par elle-même.


Revenons à l’IA

Elle peut nous aider à réfléchir. Mais elle ne vit pas à notre place.

Elle analysera notre demande à partir de ce que nous lui donnons : notre prompt, nos mots, notre contexte. Mais elle ne pourra pas « écouter » notre situation comme peut le faire une personne présente dans l’échange.

Car elle ne connaît pas ce que représente pour nous cette décision, ce que nous avons déjà traversé, ce que nous n’osons pas toujours nous avouer.

Elle ne peut pas ressentir ce qui, pour nous, sonne juste ou faux.

Et surtout, elle ne prend pas la décision à notre place.

Heureusement, d’ailleurs !

Le but d’un accompagnement n’est pas de devenir dépendant du coach.

C’est de retrouver suffisamment de clarté pour pouvoir décider par soi-même, grâce au questionnement et au regard du coach.

Alors, quelle place donner à l’IA ?

Je ne crois pas qu’il faille opposer l’intelligence artificielle et l’accompagnement humain.

L’une peut parfaitement nourrir l’autre.

Nous pouvons utiliser l’IA pour explorer un sujet, préparer une réflexion, mettre de l’ordre dans nos idées ou ouvrir le champ des possibles.

Puis prendre le temps de nous demander :

Et moi, là-dedans, qu’est-ce que j’en pense vraiment ?

C’est peut-être cette question qui reste la plus importante.

Car nous vivons dans un monde où les réponses deviennent de plus en plus accessibles.

Aussi, la richesse humaine se situe ailleurs : c’est notre capacité à discerner celles qui nous correspondent.

À faire des choix.

À les assumer.

À les ajuster lorsque c’est nécessaire.

Et à comprendre pourquoi nous faisons ce que nous faisons.

 

Ce que l’IA ne remplacera jamais ? C’est la relation.

Cette rencontre particulière entre deux personnes.

Un espace où l’on peut déposer une question, chercher, hésiter, se contredire, ne rien dire et parfois même rire de nos propres paradoxes… et regarder les choses autrement.

L’IA peut éclairer un chemin.

Elle peut même nous aider à en explorer plusieurs.

Mais c’est nous qui choisissons la direction.

Et parfois, il est précieux de ne pas faire tout le chemin seul.

Dans mes accompagnements, nous prenons souvent le temps de revenir à ce qui compte réellement pour vous : vos besoins, vos valeurs, vos priorités, vos envies et les choix qui en découlent.

Non pas pour trouver une réponse toute faite.

Mais pour retrouver suffisamment de clarté pour construire la vôtre.

Information icon

Nous avons besoin de votre consentement pour charger les traductions

Nous utilisons un service tiers pour traduire le contenu du site web qui peut collecter des données sur votre activité. Veuillez consulter les détails dans la politique de confidentialité et accepter le service pour voir les traductions.